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« Retour à la liste Publié par Avocats sans frontières Canada
le 19 octobre 2017

Akwaba! Introduction abidjanaise aux droits humains en Côte d’Ivoire

Annabelle Gagnon-Bischoff est conseillère juridique volontaire déployée en Côte d’Ivoire dans le cadre du projet « Protection des enfants, femmes et autres collectivités vulnérables » (PRODEF), un projet réalisé grâce à l’appui financier d’Affaires mondiales Canada (AMC) et mis en œuvre en consortium avec le Bureau international des droits des enfants (IBCR). Elle effectue son mandat auprès de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) au sein de leur clinique juridique de Bondoukou.

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Après un périple d’environ trente heures (Ottawa-Montréal, Montréal-Bruxelles puis attente à Bruxelles puisque je n’ai pu arriver à temps pour ma correspondance, Bruxelles-Casablanca et finalement Casablanca-Abidjan), je suis finalement arrivée le 30 août 2017 en Côte d’Ivoire où j’y accomplirai un mandat de huit mois auprès d’une organisation ivoirienne, l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI). Akwaba!

Après avoir récupéré de la fatigue du voyage, j’ai passé les premiers jours de mon séjour dans la capitale économique de Côte d’Ivoire, Abidjan, où j’ai pu me familiariser avec le travail de l’AFJCI et où j’ai eu la chance d’être présente pendant la fête de l’Aïd al-Kebir, ou appelée la Tabaski en Afrique de l’Ouest.

J’ai d’ailleurs eu l’opportunité d’être invitée par une de mes collègues à venir célébrer l’occasion avec sa famille. J’ai ainsi passé l’après-midi avec les femmes (environ une dizaine) qui étaient occupées à la préparation du festin, tout en riant, discutant et en amusant les enfants qui se déhanchaient sur les derniers hits africains. Au final, ce fut une expérience inoubliable et un vrai régal! Merci encore!

 

L’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire

 

L’AFJCI est un organisme qui existe depuis 1984 et qui gère présentement neuf cliniques et centres d’informations juridiques en région (incluant la clinique de Bondoukou où j’accomplirai mon mandat) ainsi que trois cliniques à Abidjan (dans les quartiers du Plateau, Abobo et Yopougon).

Ces cliniques et centres remplissent plusieurs fonctions notamment des fonctions d’écoute et d’orientation pour les gens qui désirent une consultation juridique, mais aussi des activités de sensibilisation, des visites de lieux de détention, l’observation d’audiences au tribunal, l’animation d’émissions de radio, etc.

Grâce à cette vaste offre de service, l’AFJCI contribue au rétablissement de l’État de droit en Côte d’Ivoire. En effet, le système de justice ivoirien a grandement souffert des crises successives qui ont secoué le pays depuis l’an 2000 jusqu’à la crise électorale de 2010-2011.

Depuis, beaucoup d’efforts ont été fait pour remettre sur pied le système de justice par les acteurs étatiques et non-étatiques, notamment le retour des tribunaux dans certaines régions après une absence plusieurs années . Dans ce contexte, l’AFJCI amène une contribution essentielle pour l’accessibilité de la justice en offrant des conseils et informations juridiques en région.

Dans le cadre de mon mandat, j’aurai ainsi à appuyer le travail de la Clinique juridique implantée à Bondoukou, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. J’y appuierai les efforts de sensibilisation et de diffusion des droits humains faits par le personnel de la Clinique juridique auprès de la population et de ses différents partenaires.

 

Les « microbes »

 

Pendant ces premiers jours à Abidjan, où j’ai pu observer le travail des équipes des cliniques du Plateau et de Yopougon, je n’ai cependant pu me rendre à la clinique d’Abobo en raison des risques sécuritaires. En effet, les « microbes », comme on les appelle ici, étaient présents dans ce quartier pendant cette période. Les « microbes », ce sont des groupes de jeunes (parfois très jeunes) armés, souvent de machettes, qui terrorisent la population dans certains secteurs de Abidjan.

Leur présence et leurs actions posent un enjeu sécuritaire d’importance pour l’État ivoirien et il s’agit d’une problématique qui fait beaucoup parler présentement. Ceci étant dit, je dois spécifier que je ne me suis jamais sentie en danger à Abidjan bien qu’il y ait évidemment des précautions élémentaires de sécurité.

Abidjan possède plusieurs surnoms, comme « le Manhattan des tropiques » ou la « perle des lagunes » et ce n’est pas pour rien. C’est une ville très dynamique et vivante où, lorsqu’on les conditions sont réunies, il fait bon vivre de jour comme de nuit.

 

Passion et motivation au sein de l’équipe!

 

Aux cliniques du Plateau et de Yopougon, j’ai assisté et participé aux consultations juridiques offertes par les juristes de l’AFJCI. Ces consultations ont touché des questions d’état civil, de droit pénal et de succession, parmi d’autres.

 

Ne serait-ce que par ces quelques jours à Abidjan, j’ai pu obtenir un léger aperçu de l’ampleur des défis auxquels j’aurai à faire face dans les prochains mois. Face à des ressources limitées et un contexte de travail rempli de défis, les juristes et autres employés de l’AFJCI compensent par leur passion, leur énergie et leur désir d’aider leurs compatriotes dans l’apprentissage et la revendication de leurs droits.

Bref, je me trouve choyée de pouvoir accomplir mon mandat au sein d’une organisation et d’une équipe aussi passionnée et dynamique! Que le travail commence! 
 

Sujets : PRODEF, Femmes
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